*Le sénateur Thani Mohamed Soilihi a fait adopter un amendement à la Loi de programmation militaire renforçant les capacités d’intervention de la Marine nationale à Mayotte. Une avancée majeure pour le 101e département français, dont les eaux sont un enjeu souverain de premier ordre.*
Il aura fallu la ténacité d’un sénateur mahorais pour obtenir ce qui aurait dû aller de soi : que la France protège effectivement son département le plus exposé. Thani Mohamed Soilihi a réussi à faire adopter un amendement à la Loi de programmation militaire (LPM) visant à renforcer les capacités d’intervention de la Marine nationale à Mayotte. C’est une victoire politique et stratégique.
Mayotte, archipel de l’océan Indien situé au cœur du canal du Mozambique, est le 101e département français. À ce titre, ses eaux territoriales sont des eaux françaises. Or, depuis des années, l’État peinait à y faire respecter sa souveraineté : immigrations clandestines massives venues des Comores, trafics divers, difficultés à surveiller les 374 kilomètres carrés de lagon et les zones économiques exclusives.
Le renforcement des capacités navales n’est pas seulement une réponse à la crise migratoire — même si celle-ci est réelle et documentée. C’est une affirmation de principe : la France est présente dans l’Indo-Pacifique, elle y a des intérêts et elle les défend. Dans un contexte de compétition géopolitique croissante dans cette zone — où la Chine, l’Inde et diverses puissances régionales étendent leur influence — la présence militaire française à Mayotte, en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie est un atout stratégique qui mérite d’être entretenu.
L’amendement Soilihi s’inscrit également dans le contexte de la reconstruction post-cyclone Chido de décembre 2024. Mayotte n’a pas fini de panser ses plaies, et la présence renforcée de la Marine contribue aussi à la résilience du territoire, notamment pour les évacuations sanitaires et le soutien logistique.
Le Beffroi salue cette décision tout en posant la question de fond : l’amendement sera-t-il doté des crédits correspondants dans les prochaines lois de finances ? La LPM fixe des ambitions — les budgets annuels décident de leur réalité.
Sources : Le Journal de Mayotte, 8 juin 2026, Sénat, LPM, amendement Thani Mohamed Soilihi