*L’intersyndicale des agents de l’aéroport Marcel Henry de Pamandzi a mis à exécution son préavis de grève ce week-end, provoquant de fortes perturbations dans les liaisons aériennes du territoire. Un conflit social de plus qui révèle la fragilité des infrastructures mahoraises.*
L’aéroport Marcel Henry de Pamandzi — seule porte d’entrée et de sortie aérienne de Mayotte — a été le théâtre d’une grève intersyndicale ce week-end des 13 et 14 juin, selon les informations rapportées par Mayotte Hebdo. Les agents ont maintenu leur préavis malgré les tentatives de conciliation, entraînant ce que les sources locales qualifient de «fortes perturbations» dans les liaisons avec la métropole et les territoires voisins.
Les revendications précises de l’intersyndicale n’ont pas été détaillées dans les premières informations disponibles, mais ce mouvement social s’inscrit dans un contexte de tension persistante sur l’ensemble des services publics mahorais. Rappelons que Mayotte sort d’une période de reconstruction difficile après les dévastations du cyclone Chido, et que les besoins en personnel, en équipements et en liaisons régulières avec la métropole sont considérables.
Un aéroport en grève à Mayotte, c’est une île entière en situation d’isolement partiel. Contrairement à la métropole où une grève des transports aériens peut être compensée par d’autres modes de déplacement, Mayotte ne dispose d’aucune alternative terrestre ni ferroviaire. Les conséquences humaines et économiques sont donc disproportionnées par rapport à des mouvements comparables en métropole.
Cette réalité géographique impose une obligation particulière à l’État : garantir la continuité territoriale pour ce département de l’océan Indien avec la même rigueur que pour la Corse ou les Antilles. La question du statut et du traitement des agents de l’aéroport de Pamandzi mérite d’être examinée avec l’attention qu’exige la situation spécifique d’un territoire ultramarin encore en reconstruction.
Le Beffroi appelle l’État à traiter ce conflit avec diligence, et à ne pas laisser le 101e département de la République s’enfoncer dans un isolement qui serait, à terme, politiquement et humainement inacceptable.
Sources : Mayotte Hebdo, 13 juin 2026