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Immigration & Identité

Le Jaguar entre en scène : la cavalerie blindée française réinvente l’art du combat

22 juin 2026 • Immigration & Identité • Le Beffroi

Le colonel Louis-Guilhem Larchet, chef de corps du 1er Régiment étranger de cavalerie, dévoile la doctrine d’emploi du char de reconnaissance Jaguar. Une philosophie du combat qui renoue avec la tradition de la manœuvre française tout en intégrant les leçons des guerres contemporaines.

Le colonel Louis-Guilhem Larchet, chef de corps du 1er Régiment étranger de cavalerie, dévoile la doctrine d’emploi du char de reconnaissance Jaguar. Une philosophie du combat qui renoue avec la tradition de la manœuvre française tout en intégrant les leçons des guerres contemporaines.

Il y a dans l’histoire militaire française une ligne de continuité que ni les défaites ni les restructurations budgétaires n’ont réussi à effacer : le culte de la manœuvre, la primauté de l’initiative, la vitesse comme arme en soi. C’est cette tradition que le colonel Louis-Guilhem Larchet, chef de corps du 1er Régiment étranger de cavalerie, entend prolonger avec l’engin blindé de reconnaissance et de combat Jaguar, symbole affiché du renouveau de la cavalerie française.

Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles, l’officier décrit une doctrine qu’il résume en une formule saisissante : « jouer avec le chaos ». Le Jaguar n’est pas un char de combat lourd destiné à l’affrontement frontal. C’est un outil de désorganisation, de pénétration et de renseignement armé, capable d’opérer loin du gros des forces, en autonomie et en surprise.

Ce positionnement doctrinal est riche d’enseignements. Les conflits récents — Ukraine, Sahel, Haut-Karabakh — ont montré que la guerre du futur sera hybride, dispersée, saturée de drones et de capteurs. Dans cet environnement, la capacité à se fondre dans l’incertitude plutôt qu’à la combattre frontalement devient un avantage décisif. Le Jaguar, avec ses systèmes de navigation, ses capacités de communication interopérables et son canon de 40 mm téléopéré, est conçu pour ce théâtre.

Le 1er REC, unité d’élite de la Légion étrangère basée à Orange, est l’un des premiers régiments à être équipés en série. Sa tradition — héritée des spahis et des chasseurs d’Afrique — est précisément celle de la cavalerie légère, de la reconnaissance et du coup de main. On ne pouvait trouver meilleur réceptacle pour cette nouvelle doctrine.

Mais au-delà du matériel, c’est le modèle de soldat que le colonel Larchet décrit qui est le plus significatif : autonome, débrouillard, apte à décider vite dans des situations dégradées. Un profil qui s’inscrit directement dans la tradition du chef de section français — différent du modèle prussien de l’obéissance hiérarchique stricte, et qui a fait la réputation de l’armée française dans les opérations extérieures.

La France industrielle et militaire fait ici converger deux ambitions : la réindustrialisation de la défense nationale — le Jaguar est produit par le consortium franco-allemand KNDS et Thales — et le maintien d’une pensée militaire originale, irréductible aux standards otaniens.

Sources : Valeurs actuelles, interview du colonel Louis-Guilhem Larchet, juin 2026, Programme EBRC Jaguar, DGA / armée de Terre

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