Du 15 au 17 juin 2026, le G7 s’est tenu à Évian sous présidence française. En marge du sommet, Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ont signé un protocole d’accord historique mettant fin aux hostilités. La France a-t-elle su peser sur ces équilibres ?
Évian, ville de eaux et de mémoire — c’est là que furent signés les accords mettant fin à la guerre d’Algérie en 1962 — a retrouvé le temps d’un week-end de juin son statut de scène diplomatique mondiale. Le G7 2026, réunissant la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne, l’Italie et le Japon, auxquels s’ajoutaient le Brésil, la Corée du Sud et l’Inde en format élargi, a débouché sur plusieurs déclarations communes : soutien réaffirmé à l’Ukraine, engagement sur la protection des mineurs en ligne et la responsabilité des plateformes numériques.
Mais l’événement qui a dominé la séquence se situe légèrement en dehors du cadre formel du sommet. Le 17 juin, Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ont paraphé un protocole d’accord prévoyant l’arrêt des hostilités entre les deux pays, suivi de soixante jours de négociations diplomatiques. C’est une rupture considérable dans l’équilibre moyen-oriental, dont les répercussions s’étendront bien au-delà des deux signataires.
Quelle est la place de la France dans cette recomposition ? Ambivalente, comme souvent. Paris dispose de leviers uniques : siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, capacité nucléaire indépendante, réseaux diplomatiques sur cinq continents. Mais ces atouts structurels sont trop souvent mal valorisés. La France a certes accueilli le sommet — geste symbolique fort —, mais l’accord américano-iranien s’est négocié sans elle, dans des canaux bilatéraux qui confirment que Washington, lorsqu’il veut avancer vite, se passe volontiers des intermédiaires européens.
Le réalisme géopolitique commande de tirer les leçons de cet épisode. Une France qui veut compter dans le monde ne peut se contenter d’organiser des sommets ; elle doit construire des rapports de force, entretenir des alliances choisies, et surtout disposer d’une industrie de défense et d’une autonomie économique à la hauteur de ses ambitions. De Gaulle l’avait compris : la diplomatie sans puissance n’est que rhétorique.
La déclaration sur l’Ukraine mérite également attention. Réaffirmer un soutien « indéfectible » est une chose ; livrer les munitions, les systèmes d’armes et le financement en est une autre. La France doit veiller à ce que ses engagements verbaux ne devancent pas indéfiniment ses capacités réelles, au risque de perdre en crédibilité ce qu’elle gagne en visibilité médiatique.
Sources : Major Prépa, juin 2026, Newsly.fr, mai 2026, Déclaration finale du G7 d’Évian, 17 juin 2026