Plus d’un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, les pontons de Grande-Terre et de Petite-Terre restent détruits ou fortement endommagés. À Koungou, les collations scolaires sont menacées de suppression. Mayotte attend toujours que la République tienne ses promesses.
Le cyclone Chido a frappé Mayotte avec une violence inouïe. Dix-huit mois plus tard, les usagers de la mer — pêcheurs, transporteurs, plaisanciers — réclament ce qui devrait être une évidence : des pontons opérationnels. Les structures portuaires de Grande-Terre et de Petite-Terre restent, pour la plupart, détruites ou fortement endommagées. Les promesses de reconstruction ont été faites. Les actes se font attendre.
Cette situation illustre, une fois de plus, le traitement à deux vitesses que la République réserve à ses territoires ultramarins. Imaginons un instant que les pontons de Marseille ou de Bordeaux soient restés en ruines dix-huit mois après une catastrophe naturelle : le tollé médiatique et politique aurait été immédiat et proportionnel. À Mayotte, on attend encore.
Les difficultés s’accumulent. À Koungou, la suppression annoncée des collations scolaires suscite l’inquiétude des familles et des enseignants. Dans un territoire où la précarité alimentaire touche une proportion significative de la population — notamment les enfants —, ces collations ne sont pas un luxe : elles sont un outil de maintien dans la scolarité. Les supprimer au nom d’économies budgétaires, dans un département qui reçoit par ailleurs des milliards de transferts publics dont la traçabilité est loin d’être parfaite, relève d’une logique comptable à courte vue.
Parallèlement, l’ARS Mayotte signale cinq sites de baignade sur trente-deux classés « insuffisants » pour la saison 2026. La qualité de l’eau, la sécurité sanitaire, les infrastructures de base : autant d’indicateurs qui rappellent que Mayotte reste un département français à part entière, mais dont les standards de vie sont très en deçà de ce que la République doit garantir à ses citoyens.
Enfin, une pétition réunissant plus de 5 700 signatures à La Réunion s’oppose aux transferts de détenus et de mineurs mahorais vers l’île sœur. Ce mouvement témoigne d’une tension réelle entre territoires ultramarins que Paris doit prendre au sérieux, faute de quoi les solidarités régionales se déliteront davantage encore.
Mayotte mérite mieux que des déclarations d’amour de la République lors des crises et un oubli structurel entre deux cyclones.
Sources : Mayotte Hebdo, juin 2026 — pontons et Chido, Le Journal de Mayotte, juin 2026 — collations scolaires Koungou, ARS Mayotte, résultats surveillance eaux de baignade saison 2026, Clicanoo / Mayotte Hebdo — pétition La Réunion