Une étude révèle que 83% des dépenses de cloud et logiciels des entreprises européennes profitent aux acteurs américains. Un constat alarmant pour la souveraineté technologique française.
Les chiffres présentés en Conseil des ministres dressent un tableau saisissant de notre dépendance technologique. Alors que l’Europe prétend développer sa souveraineté numérique, la réalité révèle une vassalisation croissante : plus de huit euros sur dix dépensés dans le cloud et les logiciels d’entreprise terminent dans les caisses de Microsoft, Amazon, Google ou Oracle.
Cette situation illustre l’échec des politiques européennes de ces quinze dernières années. Malgré les discours sur la « souveraineté numérique » et les investissements dans des « champions européens », l’écart se creuse inexorablement avec les géants américains. Le RGPD, présenté comme une riposte réglementaire, n’a fait qu’alourdir les contraintes sur les acteurs européens sans freiner la domination outre-Atlantique.
Les conséquences dépassent le simple enjeu économique. Cette dépendance expose nos entreprises et administrations aux lois extraterritoriales américaines, compromet la protection de nos données stratégiques et limite notre capacité d’innovation. Quand nos PME utilisent massivement des outils américains, elles alimentent l’intelligence économique de nos concurrents.
La France dispose pourtant d’atouts : excellence mathématique, écoles d’ingénieurs, tissu de start-up prometteuses. Mais ces forces restent dispersées, sous-financées face aux moyens colossaux de la Silicon Valley. Il est urgent de concentrer nos efforts sur quelques secteurs stratégiques : cybersécurité, intelligence artificielle, calcul haute performance.
L’exemple chinois démontre qu’une volonté politique forte peut créer un écosystème numérique national. Pékin a su protéger son marché intérieur tout en développant ses champions. La France doit s’inspirer de cette détermination, en adaptant les méthodes à nos valeurs démocratiques. Car sans souveraineté numérique, point de souveraineté tout court.
Sources : Conseil des ministres français