*L’Ifremer a identifié environ 120 amas d’hydrates de CO₂ solide dans la zone sous-marine dite du «Fer à Cheval», au large de Mayotte. Une découverte inédite qui ouvre des perspectives scientifiques considérables et soulève des questions environnementales.*
C’est une découverte que les scientifiques qualifient d’inédite : l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a identifié environ 120 amas d’hydrates de dioxyde de carbone (CO₂) solide au fond de l’océan dans la zone du «Fer à Cheval», au large de Mayotte, selon le Journal De Mayotte. Ces accumulations de CO₂ à l’état solide représentent une occurrence rarissime dans les fonds marins mondiaux.
Les hydrates de gaz — des structures cristallines dans lesquelles des molécules de gaz sont piégées dans une cage de molécules d’eau à haute pression et basse température — sont un objet d’étude important en géologie marine. Ceux d’hydrates de méthane sont plus communs dans les grands fonds. Des hydrates de CO₂ solide constituent en revanche une découverte d’une autre nature, et soulèvent immédiatement plusieurs questions.
Premièrement, quelle est l’origine de ce CO₂ ? L’activité volcanique sous-marine dans la région de Mayotte est particulièrement intense depuis la découverte en 2019 du volcan Fani Maore, le plus grand volcan sous-marin jamais découvert. Un lien entre ces deux phénomènes est scientifiquement plausible et devra être étudié.
Deuxièmement, quelles sont les implications environnementales ? Si ces hydrates venaient à se dissoudre — sous l’effet d’une remontée des températures océaniques, notamment — le CO₂ libéré pourrait acidifier les eaux locales et perturber les écosystèmes marins mahorais, déjà fragilisés.
Troisièmement, et d’un point de vue plus positif, cette découverte renforce l’intérêt scientifique exceptionnel de la zone maritime mahoraise. Elle plaide pour un investissement renforcé de l’État dans la recherche océanographique autour de ce département, dont les fonds marins recèlent manifestement des trésors scientifiques que nous commençons à peine à entrevoir.
Sources : Le Journal De Mayotte, juin 2026, Ifremer