L’annonce d’un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et Washington ne doit pas masquer la réalité stratégique : Téhéran impose désormais des routes alternatives dans le détroit d’Ormuz face au « risque de mines ». Cette situation illustre parfaitement la fragilité des équilibres sur lesquels repose notre approvisionnement énergétique.
La France, qui importe encore massivement ses hydrocarbures, se trouve une nouvelle fois rappelée à l’évidence : notre dépendance énergétique constitue notre talon d’Achille géopolitique. Quand un régime théocratique peut dicter les conditions de navigation dans un détroit par lequel transite 20% du pétrole mondial, c’est bien la souveraineté de toutes les nations importatrices qui est en jeu.
Cette crise doit nous conduire à accélérer notre stratégie d’indépendance énergétique. Non par idéologie écologique, mais par réalisme stratégique. La relance du nucléaire civil, l’exploration de nos ressources nationales et la diversification de nos approvisionnements constituent des impératifs de souveraineté. La géopolitique de l’énergie ne pardonne pas aux nations imprévoyantes.
La France gaullienne savait que l’indépendance n’a pas de prix. Il est temps de le réapprendre.
— La rédaction du Beffroi