Le 17 juin 2026, deux patients en urgence vitale hospitalisés en réanimation à Mayotte n’ont pas pu être évacués vers La Réunion en raison d’une grève à l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi. Ce fait divers révèle une défaillance d’État inacceptable dans un territoire déjà sous-doté.
Il est des nouvelles qui auraient dû faire la une de tous les journaux nationaux. Mercredi 17 juin 2026, deux patients en état d’urgence vitale, hospitalisés en réanimation au Centre hospitalier de Mayotte, ont vu leurs évacuations sanitaires vers La Réunion annulées à la dernière minute. La cause : une grève des personnels de l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi, unique porte de sortie aérienne du 101e département français.
Ces deux patients — dont les pathologies précises n’ont pas été rendues publiques pour des raisons médicales — attendaient une prise en charge spécialisée que Mayotte ne peut pas assurer sur place. L’évacuation sanitaire, ou EVASAN, est pour des milliers de Mahorais la seule voie d’accès aux soins lourds. Lorsqu’elle est interrompue, c’est parfois la mort qui prend le relais.
La situation est d’autant plus grave que ces évacuations répondent à un protocole médical d’urgence qui, en droit, devrait primer sur tout conflit social. Le droit de grève est un droit constitutionnel que nul ne conteste ici. Mais dans un territoire insulaire où aucune alternative terrestre n’existe, où le seul hôpital de référence est saturé et structurellement sous-dimensionné, une grève à l’aéroport ne peut pas suspendre les évacuations médicales vitales sans qu’une autorité de l’État n’intervienne pour garantir un service minimum réel et effectif.
La question qui doit être posée publiquement est simple : qui a pris la décision de ne pas imposer la réquisition des personnels nécessaires à ces deux évacuations ? Quel préfet, quelle direction de l’ARS, quelle autorité de tutelle a laissé deux patients en urgence vitale sans solution pendant des heures ?
Mayotte souffre depuis des années d’un déficit structurel en équipements de santé, en personnels médicaux, en infrastructures. Ces carences sont documentées, connues, et trop peu corrigées. Mais qu’une grève puisse bloquer des EVASAN vitales sans réaction immédiate de l’État révèle quelque chose de plus profond : une hiérarchie des urgences dans laquelle Mayotte n’est pas toujours placée où elle devrait l’être.
Le Beffroi demande qu’une enquête administrative soit ouverte sur cet épisode, que les responsabilités soient établies et que le cadre juridique du service minimum dans les aéroports desservant des territoires insulaires soit renforcé sans délai.
Sources : Le Journal de Mayotte — ‘Deux évacuations sanitaires vitales de patients hospitalisés en réanimation annulées en raison de la grève’, 17 juin 2026