La fin de la délégation de service public du port de Longoni, confirmée pour septembre 2026 par la Cour d’appel de Bordeaux, ouvre une bataille pour le contrôle de la principale infrastructure commerciale de Mayotte. L’enjeu dépasse largement le seul cadre local.
La Cour d’appel de Bordeaux a définitivement confirmé la fin de la délégation de service public (DSP) du port de Longoni en septembre 2026. Cette décision judiciaire ouvre une période d’incertitude et, simultanément, une opportunité rare : celle de repenser le modèle de gestion du principal port commercial du 101e département français.
Longoni n’est pas un port comme les autres. Il est la porte d’entrée de l’essentiel des marchandises qui approvisionnent Mayotte — carburant, denrées alimentaires, matériaux de construction. Dans un territoire insulaire où les prix à la consommation sont structurellement plus élevés qu’en métropole et où la chaîne logistique est particulièrement vulnérable, la gouvernance portuaire est une question de souveraineté économique autant que de marché public.
La fin de la DSP actuelle crée mécaniquement un appel d’offres dont les termes seront déterminants. Plusieurs questions se posent d’ores et déjà. Quelle collectivité ou quel groupement public exercera la maîtrise d’ouvrage sur le futur contrat ? Quelles garanties de transparence et de mise en concurrence effective seront imposées ? Et surtout : quelles clauses permettront de s’assurer que le futur opérateur serve prioritairement les intérêts économiques des Mahorais — tarifs portuaires maîtrisés, investissements dans les infrastructures — plutôt que la seule rentabilité actionnariale ?
L’histoire de la commande publique dans les territoires ultramarins est émaillée d’exemples où des délégations de service public ont créé des situations de quasi-monopole au détriment des usagers. Mayotte, qui sort à peine de la période de crise ayant suivi le cyclone Chido, ne peut pas se permettre une gestion portuaire défaillante ou opaque.
Le Beffroi appelle les élus mahorais, le Conseil départemental et les représentants de l’État à veiller avec une vigilance particulière à la rédaction du cahier des charges de la future DSP. La transparence de la commande publique n’est pas une option : c’est une condition de la confiance des Mahorais envers leurs institutions.
Sources : Mayotte Hebdo — ‘Port de Longoni : la bataille de l’après-DSP est lancée’