*Après le piratage de la Direction générale des Finances publiques survenu cet été, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a publié, le 29 septembre, un rapport qui révèle les failles béantes de notre cybersécurité étatique.*
L’affaire méritait mieux qu’un simple entrefilet. Le piratage subi cet été par la DGFiP, administration qui gère les données fiscales de l’ensemble des contribuables français, a donné lieu à un rapport de l’ANSSI publié le 29 septembre dernier. Les conclusions, selon Contrepoints, dressent un constat sans appel : la cybersécurité de l’administration française relève davantage du théâtre que d’une véritable politique de protection.
Cet incident intervient alors même que l’État français a entrepris, depuis avril 2026, une bascule stratégique de ses systèmes d’exploitation vers des solutions souveraines : abandon de Windows au profit de Linux, migration de 80 000 agents de l’Assurance maladie vers des outils dits « souverains ». Cette démarche, saluée par les défenseurs de l’autonomie numérique nationale, prend un relief particulier à la lumière des vulnérabilités révélées par le piratage de la DGFiP.
Car la souveraineté numérique ne se résume pas à un changement de logiciel : elle suppose une architecture de sécurité robuste, des procédures de contrôle rigoureuses, et une véritable culture du risque au sein de l’administration. Le rapport de l’ANSSI, en pointant les lacunes de la DGFiP, révèle que le chantier de la cyberdéfense étatique reste largement à accomplir, malgré les efforts affichés.
La France ne peut se permettre une telle fragilité dans la gestion de ses données fiscales, pierre angulaire de sa puissance régalienne. Richelieu, qui fit de l’administration royale un instrument de centralisation et de contrôle, n’aurait pas toléré une telle désinvolture face à des menaces que notre époque qualifie d’hybrides mais qui s’apparentent, dans leurs effets, à une véritable atteinte à la souveraineté nationale.
Il appartient désormais au gouvernement de tirer les conséquences budgétaires et organisationnelles de ce rapport, sous peine de voir se répéter des incidents dont la fréquence et la gravité ne cessent de croître à l’échelle mondiale.
Sources : Contrepoints, Rapport ANSSI du 29 septembre 2026