*La contestation née au lycée du Nord s’étend désormais à d’autres établissements, dont celui de Bamana. Un an après le cyclone Chido, la situation démographique et matérielle de l’école mahoraise reste bien plus dégradée qu’en métropole.*
Le mouvement de contestation initié au lycée du Nord de Mayotte ne se limite plus à cet établissement. La rectrice de l’académie voit affluer les réclamations provenant d’autres structures scolaires, notamment celle de Bamana, dans un contexte où la croissance démographique du territoire continue de saturer des infrastructures déjà fragilisées par le passage du cyclone Chido.
Mayotte connaît une situation singulière au sein de la République : alors que la métropole gère une décroissance progressive de ses effectifs scolaires, le 101e département doit au contraire absorber une pression démographique considérable, nourrie à la fois par une natalité élevée et par une immigration clandestine en provenance des Comores que les pouvoirs publics peinent toujours à endiguer. Cette double pression crée une situation explosive : classes surchargées, infrastructures vétustes ou endommagées, personnel enseignant en nombre insuffisant.
Le cyclone Chido, survenu fin 2024, a aggravé une situation déjà précaire en endommageant durablement plusieurs établissements scolaires et une partie du réseau électrique haute tension, dont Électricité de Mayotte (EDM) annonce seulement aujourd’hui avoir achevé les réparations sur le réseau de 90 000 volts. Près de deux ans après la catastrophe, la reconstruction complète du territoire reste donc inachevée, ce qui illustre les limites de la réponse de l’État face à l’ampleur des dégâts.
Cette situation appelle une réponse qui ne peut se limiter à la gestion de crise au coup par coup. Mayotte a besoin d’un plan pluriannuel de reconstruction et de modernisation de son réseau scolaire, à la hauteur de sa réalité démographique propre, et non d’un simple copier-coller des politiques éducatives métropolitaines. La République doit à ses enfants mahorais les mêmes conditions d’apprentissage qu’à ceux de l’Hexagone ; c’est une question d’égalité républicaine autant que de souveraineté sur un territoire stratégique de l’océan Indien, dont la stabilité conditionne également notre présence régionale face aux ambitions comoriennes.
Sources : Le Journal de Mayotte, Mayotte Hebdo