*La chambre d’appel de Mamoudzou a largement confirmé les condamnations prononcées en première instance contre Rachadi Saindou et Salime M’déré, deux figures politiques mahoraises jugées pour des faits de détournement de fonds publics.*
La chambre d’appel de Mamoudzou a rendu, le jeudi 1er octobre, une décision confirmant pour l’essentiel les condamnations prononcées en première instance en juin 2024 à l’encontre de Rachadi Saindou, ancien président, et de Salime M’déré. Cette confirmation en appel constitue un signal fort pour un territoire régulièrement confronté à des soupçons de mauvaise gestion de la commande et des fonds publics.
Mayotte n’est pas la seule collectivité d’outre-mer concernée par ce type de contentieux : la commune d’Acoua vient elle aussi d’être épinglée par la Chambre régionale des comptes pour un déficit budgétaire de 5,2 millions d’euros, nécessitant l’élaboration d’un plan de redressement contraint. Ces deux dossiers, judiciaire pour l’un, budgétaire pour l’autre, dessinent les contours d’une même problématique : la fragilité des dispositifs locaux de contrôle de la gestion publique dans un territoire encore jeune au sein de l’architecture administrative française.
Cette fragilité n’est pas une fatalité culturelle, comme certains commentateurs peu scrupuleux ont pu le laisser entendre par le passé ; elle tient avant tout à un déficit structurel de moyens humains et techniques dans les services de contrôle locaux, insuffisamment dotés pour accompagner la montée en puissance institutionnelle du 101e département depuis sa départementalisation en 2011. L’État doit prendre sa part de responsabilité dans cet accompagnement, au lieu de se contenter de sanctionner après coup des dérives qu’un encadrement préventif plus robuste aurait pu limiter.
La confirmation de ces condamnations en appel doit néanmoins être saluée comme un signe de bonne santé de l’institution judiciaire mahoraise, capable de sanctionner sans faiblesse des faits de détournement, quelle que soit la stature politique des personnes concernées. C’est une condition indispensable pour restaurer la confiance des citoyens mahorais dans leurs institutions locales, confiance mise à rude épreuve par des années de tensions sociales et sécuritaires sur le territoire.
Sources : Mayotte Hebdo