*L’Assemblée nationale a rejeté jeudi dernier la proposition du Rassemblement national visant à faire entrer Zéna M’Déré, figure historique mahoraise, au Panthéon aux côtés d’Olympe de Gouges et de l’abbé de l’Épée. Un rejet qui suscite une vive incompréhension sur l’archipel.*
Le vote est net : 158 voix contre 13 ont rejeté, jeudi dernier, la proposition déposée par le Rassemblement national visant à faire entrer Zéna M’Déré au Panthéon, aux côtés d’Olympe de Gouges et de l’abbé Charles-Michel de l’Épée, selon Le Journal de Mayotte. Figure emblématique de la résistance mahoraise au rattachement à l’Union des Comores lors des référendums des années 1970, Zéna M’Déré incarne pour beaucoup de Mahorais le choix historique et assumé de rester français.
Le rejet de cette proposition, quel que soit le parti qui l’a portée, a immédiatement suscité des réactions indignées sur le territoire. Nombre d’élus et d’associations locales y voient le signe d’une forme de désintérêt, voire de mépris, de la représentation nationale pour l’histoire propre des outre-mer. L’argument selon lequel l’initiative émanait du RN a sans doute pesé dans les postures politiciennes de l’hémicycle, au risque de transformer un hommage mémoriel en chamaillerie partisane — ce qui est regrettable lorsqu’il s’agit de rendre justice à une femme qui a défendu, parfois au péril de sa vie, l’appartenance de Mayotte à la République.
Cette séquence illustre une difficulté récurrente : l’histoire des territoires ultramarins peine encore à trouver sa juste place dans le récit national, davantage instrumentalisée au gré des clivages partisans que véritablement intégrée au patrimoine commun. Le Beffroi rappelle que la reconnaissance de figures comme Zéna M’Déré ne devrait dépendre d’aucune étiquette politique : elle relève de la dette de la nation envers ceux qui ont fait le choix de la France quand ce choix n’allait pas de soi.
Au-delà du symbole, cette polémique relance le débat sur la manière dont la République honore ses outre-mer. Si le Panthéon reste, par nature, un lieu de consensus national difficile à atteindre, rien n’empêche d’envisager d’autres formes de reconnaissance — dénomination d’établissements publics, enseignement renforcé de l’histoire mahoraise dans les programmes scolaires, ou encore hommage institutionnel local — pour que la mémoire de Zéna M’Déré ne reste pas prisonnière des postures de l’Assemblée nationale.
Sources : Le Journal de Mayotte