Depuis la réforme de 2025-2026, tout demandeur de titre de séjour pluriannuel, de carte de résident ou de nationalité française doit désormais réussir un QCM civique de 40 questions et justifier d’un niveau de français B2. Un durcissement qui traduit une volonté politique assumée de réaffirmer les exigences d’intégration.
La réforme de la naturalisation entrée en vigueur en 2025-2026 constitue l’un des changements les plus structurants de la politique migratoire française de ces dernières années. Désormais, tout demandeur d’un titre de séjour pluriannuel, d’une carte de résident de longue durée ou de la nationalité française doit passer un examen civique obligatoire, sous la forme d’un questionnaire à choix multiples de 40 questions portant sur les valeurs, l’histoire et les institutions de la République.
À cette exigence s’ajoute, depuis le 1er janvier 2026, l’obligation de justifier d’une connaissance de la langue française à l’oral et à l’écrit au moins égale au niveau B2 du cadre européen commun de référence pour les langues, un seuil nettement supérieur aux exigences précédentes. Ce durcissement traduit une conviction simple : l’intégration dans la nation française suppose une maîtrise réelle de sa langue et une adhésion effective à ses principes, et non une simple formalité administrative.
Cette réforme intervient alors que le débat sur l’immigration continue de structurer la vie politique française à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Les statistiques les plus commentées, telles que la baisse de 27 % des demandes d’asile dans l’Union européenne en 2025, ou encore le chiffre, avancé sans être véritablement contesté lors du débat parlementaire de février 2025, selon lequel 20 % des mineurs incarcérés seraient des mineurs non accompagnés, alimentent un débat public dont Le Beffroi observe qu’il reste trop souvent nourri de chiffres mal analysés plutôt que de politiques publiques rigoureusement évaluées.
C’est précisément là que réside l’enjeu : l’immigration est devenue, à dix-huit mois du scrutin présidentiel, le thème qui rapporte électoralement, mais trop rarement le problème que l’on instruit sérieusement. Le Beffroi salue le principe d’un examen civique exigeant, qui rejoint la tradition républicaine d’une nationalité méritée et non simplement acquise. Mais il appelle également à ce que ce débat, essentiel pour l’avenir de l’identité française, soit conduit avec la rigueur statistique et administrative qu’il mérite, loin des postures et des slogans.
Sources : Actualité Immigration & Identité – réforme naturalisation 2025-2026 (cabinet Ouali / Deloitte), L’Appel France, 8 octobre 2026