La Banque de France constate une accélération de l’activité industrielle française, mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une tendance de fond préoccupante : depuis octobre 2024, les fermetures de sites industriels dépassent de nouveau les ouvertures.
Un rapport récent de la Banque de France fait état d’une accélération de l’industrie française, signal encourageant après plusieurs trimestres de stagnation. Cette embellie conjoncturelle mérite d’être saluée, dans un contexte international marqué par la réorganisation des chaînes de valeur mondiales et le retour en grâce des politiques de réindustrialisation parmi les grandes puissances occidentales.
Cependant, cette bonne nouvelle ne doit pas occulter une réalité structurelle plus préoccupante. Depuis plusieurs mois, les annonces de plans sociaux se multiplient dans l’industrie française, et depuis octobre 2024, les fermetures de sites sont de nouveau plus nombreuses que les ouvertures. Ce renversement de tendance, après une période où la balance semblait pencher favorablement, rappelle que la réindustrialisation de la France demeure un chantier de long terme, exigeant une politique industrielle cohérente et persévérante plutôt que des effets d’annonce ponctuels.
Le Beffroi considère que cette situation appelle une mobilisation résolue de l’État stratège, dans la tradition colbertiste qui a longtemps fait la force de notre économie. La réindustrialisation ne se décrète pas : elle se construit par une politique fiscale incitative, une simplification administrative réelle pour les entreprises, une politique énergétique compétitive, et une stratégie de filières clairement assumée dans les secteurs d’avenir – défense, énergie, intelligence artificielle, semi-conducteurs.
Les indicateurs positifs relevés par la Banque de France doivent donc être interprétés avec prudence : ils traduisent un frémissement, non un redressement structurel. La France ne retrouvera sa souveraineté économique qu’au prix d’un effort soutenu sur plusieurs années, loin des cycles électoraux de court terme. C’est tout l’enjeu des mois qui viennent, à l’approche d’une présidentielle où les candidats devront, sur ce sujet comme sur d’autres, proposer davantage que des incantations.
Sources : Banque de France – note de conjoncture industrielle 2026, Actualité Économie & Industrie nationale