*À l’occasion du sommet européen consacré au futur cadre financier pluriannuel, les parlementaires issus des régions ultrapériphériques ont uni leurs voix pour exiger le maintien des financements spécifiques à ces territoires.*
Le sommet des chefs d’État et de gouvernement consacré au futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour la période 2028-2034 a été l’occasion d’une mobilisation inhabituelle : l’ensemble des eurodéputés issus des régions ultrapériphériques (RUP), dont Mayotte fait partie aux côtés de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de La Réunion et des territoires ultrapériphériques espagnols et portugais, ont formé un front commun pour exiger la sanctuarisation des financements européens dédiés à ces territoires.
Cet enjeu est capital pour Mayotte. Le 101e département français, le plus pauvre de l’Union européenne en termes de revenu par habitant, dépend très largement des fonds structurels européens pour financer ses infrastructures de base : réseaux d’eau potable, assainissement, équipements scolaires et de santé. Toute réduction de ces enveloppes dans le cadre des négociations budgétaires européennes aurait des conséquences immédiates et sévères sur le rattrapage structurel du territoire.
La mobilisation unanime des eurodéputés des RUP, toutes sensibilités politiques confondues, témoigne de la prise de conscience, au niveau européen, de la singularité de ces territoires ultramarins, trop souvent relégués au second plan des arbitrages budgétaires continentaux. Pour Mayotte, confrontée simultanément à une pression démographique considérable, à des flux migratoires massifs en provenance des Comores, et à des besoins criants en matière d’infrastructures, cette bataille budgétaire européenne revêt une importance stratégique de premier ordre.
La rédaction du Beffroi soutient pleinement cette démarche et appelle le gouvernement français à porter avec la plus grande fermeté, dans les négociations à venir avec Bruxelles, les intérêts spécifiques de Mayotte. La France ne peut se targuer d’être une puissance d’équilibre en Europe si elle n’est pas capable de défendre, avec la même énergie, les intérêts de son propre territoire ultrapériphérique le plus fragile. L’outre-mer n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : c’est une composante à part entière de la souveraineté française dans l’océan Indien.
Sources : Le Journal De Mayotte