*À neuf jours des élections législatives israéliennes du 27 octobre, Donald Trump a publiquement adoubé Benyamin Netanyahou, qualifié de « grand Premier ministre guerrier ». Un geste inédit qui en dit long sur la nature des alliances contemporaines.*
Le président américain n’a pas pris de gants. Évoquant les élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre, Donald Trump a mis en garde les électeurs israéliens contre le choix d’un « mauvais dirigeant », tout en couvrant d’éloges Benyamin Netanyahou. Un soutien aussi explicite et public de la part d’un président américain à un candidat lors d’une élection israélienne constitue une première dans l’histoire des relations entre les deux pays, selon plusieurs analystes cités dans la presse spécialisée.
Ce soutien appuyé intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le Premier ministre sortant. Les sondages récents suggèrent que sa coalition pourrait ne pas atteindre le seuil des 61 sièges nécessaires pour conserver la majorité au sein de la Knesset, qui compte 120 membres. Il s’agit, faut-il le rappeler, de la première élection nationale organisée depuis l’attaque du Hamas d’octobre 2023, un scrutin dont l’issue pèsera lourd sur l’avenir de la région.
Cette séquence illustre une évolution de fond : les grandes puissances n’hésitent plus à peser ouvertement sur les processus démocratiques de leurs alliés, dans une logique assumée de rapport de force plutôt que de simple coopération diplomatique. Le général de Gaulle rappelait qu’un grand pays n’a pas d’amis, seulement des intérêts. Donald Trump, en s’immisçant sans détour dans une élection étrangère, confirme cette grille de lecture réaliste des relations internationales — y compris entre partenaires historiques.
Parallèlement, un autre mouvement stratégique mérite l’attention de Paris : lors de sa visite en Chine du 8 au 13 octobre, le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev a proposé d’articuler la Route maritime de la soie chinoise avec le corridor transarctique russe. Le socle économique de ce rapprochement est déjà considérable : les échanges commerciaux entre Moscou et Pékin ont dépassé les 200 milliards de dollars pour la troisième année consécutive. Washington observe cette coopération arctique avec une inquiétude croissante, ayant déjà signalé en 2025 la présence de cinq navires de recherche chinois opérant dans ou à proximité de l’Arctique américain.
Pour la France, ces deux dossiers convergent vers une même leçon : dans un monde où les équilibres se redessinent sans ménagement pour les puissances moyennes, la souveraineté stratégique — militaire, énergétique, maritime — ne se négocie pas, elle se construit patiemment. C’est tout l’enjeu des efforts de réarmement et de réindustrialisation que la France se doit de poursuivre sans relâche, à l’heure où ses partenaires historiques recalculent leurs priorités selon leurs seuls intérêts.
Sources : Reuters, Associated Press, analyses géopolitiques spécialisées