*Alors que les coupures d’eau se multiplient à Petite-Terre, la députée Anchya Bamana a adressé un courrier pressant à la ministre des Outre-mer pour exiger le déclenchement du plan ORSEC eau potable. Un énième signal d’alarme sur une crise structurelle que l’État peine toujours à résoudre.*
La Société mahoraise des eaux (SMAE) a annoncé une nouvelle coupure d’eau touchant les secteurs de Labattoir Centre et de Pamandzi Est, rendue nécessaire pour permettre le remplissage du réservoir de Pamandzi. Un épisode supplémentaire dans une litanie de coupures qui rythme désormais le quotidien des Mahorais depuis plusieurs années, sans que les causes structurelles de cette pénurie chronique ne trouvent de réponse durable.
Face à cette situation, la députée Anchya Bamana a adressé, le 19 octobre dernier, un courrier à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, réclamant le déclenchement du plan ORSEC eau potable ainsi que la prise en charge par l’État des factures d’eau pendant la durée de la crise. Cette demande traduit l’exaspération grandissante des élus locaux face à ce qu’ils perçoivent comme un traitement dilatoire des pouvoirs publics vis-à-vis d’un territoire pourtant pleinement intégré à la République depuis sa départementalisation.
La crise de l’eau à Mayotte n’est pas nouvelle : elle s’inscrit dans un contexte de sous-investissement chronique dans les infrastructures hydrauliques de l’île, aggravé par une démographie galopante et des épisodes de sécheresse récurrents. Le plan ORSEC, dispositif d’urgence habituellement mobilisé lors de catastrophes naturelles, constituerait un signal fort de la part de l’État, reconnaissant la gravité exceptionnelle de la situation mahoraise.
Pour notre rédaction, cette crise illustre une fois encore le paradoxe mahorais : un territoire pleinement français, confronté à des défaillances de service public que l’on tolérerait difficilement en métropole. La vigilance sur Mayotte doit demeurer une priorité éditoriale constante, non par posture, mais parce que l’égalité républicaine se mesure précisément à la capacité de l’État à garantir, dans chaque recoin du territoire national, l’accès aux services essentiels. L’eau potable n’est pas un luxe : c’est un attribut minimal de la souveraineté sur son propre territoire.
Sources : Le Journal de Mayotte, Mayotte Hebdo