*Le Département-Région de Mayotte a besoin de 19 millions d’euros pour préfinancer deux appels à projets dans les métiers sanitaires et sociaux en 2027. En attendant, les centres de formation mahorais ploient sous les factures impayées, menaçant la formation professionnelle sur l’île.*
Selon des informations rapportées par Mayotte Hebdo, le Conseil départemental de Mayotte doit trouver une enveloppe de 19 millions d’euros cette année afin de préfinancer deux appels à projets destinés aux métiers du sanitaire et du social, prévus pour 2027. Une somme conséquente, révélatrice des tensions budgétaires qui pèsent sur l’institution départementale, déjà confrontée à de multiples urgences — eau, voirie, sécurité, éducation.
Cette situation a des conséquences concrètes et immédiates : plusieurs centres de formation professionnelle de l’île se trouvent aujourd’hui étranglés par des impayés accumulés, ce qui menace directement leur capacité à poursuivre leurs missions de formation. Dans un territoire où le déficit de main-d’œuvre qualifiée constitue l’un des freins majeurs au développement économique, cette fragilisation du dispositif de formation professionnelle est particulièrement préoccupante.
Le secteur sanitaire et social est précisément celui où les besoins sont les plus criants à Mayotte : vieillissement encore limité mais croissant de la population, pression démographique considérable, infrastructures de santé sous-dimensionnées face à une natalité parmi les plus élevées de France. Que les centres chargés de former les professionnels de demain se retrouvent fragilisés par des défauts de paiement relève d’une forme de contradiction budgétaire dommageable pour l’avenir du territoire.
Pour notre rédaction, cette situation illustre une fois de plus la fragilité structurelle des finances du Département-Région de Mayotte, confronté à des charges sans commune mesure avec ses ressources propres. Si la responsabilité de la gestion locale ne peut être totalement écartée, il appartient également à l’État de mieux calibrer ses dotations à la hauteur des défis réels du 101e département — faute de quoi c’est l’ensemble de l’édifice de rattrapage économique et social mahorais qui se trouve compromis. La formation professionnelle n’est pas une variable d’ajustement : c’est la condition même de l’autonomie économique future de l’île.
Sources : Mayotte Hebdo