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Économie & Industrie nationale

Prix négatifs de l’électricité : le prix caché d’une politique énergétique sans boussole

2 novembre 2026 • Économie & Industrie nationale • Le Beffroi

513 heures de prix négatifs ou nuls enregistrées en 2025, contre 147 en 2023 : la multiplication de ces épisodes révèle les failles d’un système électrique français déstabilisé par une production renouvelable mal pilotée.

513 heures de prix négatifs ou nuls enregistrées en 2025, contre 147 en 2023 : la multiplication de ces épisodes révèle les failles d’un système électrique français déstabilisé par une production renouvelable mal pilotée.

Le chiffre, rapporté par Contrepoints sur la base des données de RTE, a de quoi interpeller : en 2025, la France a enregistré 513 heures de prix négatifs ou nuls sur le marché de l’électricité, contre seulement 147 heures en 2023. Et 2026, d’après les premières tendances, ferait déjà pire. Un prix négatif signifie que les producteurs doivent, pendant ces heures, payer pour continuer à injecter leur électricité sur le réseau — un non-sens économique qui traduit en réalité un déséquilibre structurel entre une production intermittente en forte croissance et une demande qui ne s’y adapte pas.

Ce phénomène n’est pas une anomalie passagère : il est la conséquence directe d’une politique énergétique qui a privilégié, depuis une décennie, le déploiement massif d’éoliennes et de panneaux solaires subventionnés, sans toujours se soucier de la cohérence d’ensemble du système électrique. Lorsque le vent souffle fort et que le soleil brille, la production renouvelable afflue sur un réseau qui ne peut l’absorber intégralement, faute de capacités de stockage suffisantes ou de flexibilité de la demande. Résultat : l’électricité, bien pourtant précieux, devient littéralement encombrante.

Cette situation illustre un paradoxe que Le Beffroi dénonce depuis plusieurs numéros : la France dispose, grâce à son parc nucléaire historique, d’un atout énergétique inégalé en Europe — une énergie pilotable, décarbonée et souveraine. Au lieu de consolider cet avantage stratégique hérité du plan Messmer et de la vision gaullienne de l’indépendance énergétique, les pouvoirs publics ont choisi de superposer un système renouvelable coûteux et largement subventionné, sans réforme du marché pour en absorber les effets pervers.

La facture de cette impréparation ne se limite pas aux heures de prix négatifs : elle se répercute, in fine, sur les contribuables qui financent les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables, et sur la crédibilité industrielle d’un pays qui peine à offrir aux entreprises une visibilité tarifaire stable. Colbert avait fait de la cohérence industrielle un principe cardinal de la puissance française ; il serait temps de s’en inspirer à nouveau, en remettant le nucléaire — et la planification de long terme — au cœur de la stratégie énergétique nationale, plutôt que de laisser le marché gérer seul les contradictions d’une transition mal pensée.

Sources : Contrepoints, RTE

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