*Devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône s’ouvre un procès fleuve attendu, celui de la DZ mafia. Amine Kessaci a annoncé sa présence à toutes les audiences, dans un climat de tension extrême.*
Le 19 octobre s’est ouvert devant la troisième section de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône un procès hors norme : celui visant plusieurs membres présumés de la DZ mafia, réseau criminel implanté dans le narcotrafic marseillais et dont l’influence dépasse désormais les frontières de la cité phocéenne. Amine Kessaci, figure engagée contre le trafic de stupéfiants, a fait savoir qu’il serait présent à chacune des audiences de ce procès fleuve, signe de l’attention que la société civile porte à cette affaire.
Ce dossier illustre, une fois de plus, l’ampleur prise par les réseaux de criminalité organisée sur le territoire national. Loin d’être circonscrits à quelques quartiers sensibles, ces organisations ont développé des ramifications logistiques et financières sophistiquées, s’appuyant sur des filières d’approvisionnement internationales et des circuits de blanchiment qui défient régulièrement les capacités d’investigation de la justice française.
La tenue de ce procès, dans un climat de sécurité renforcée, rappelle l’urgence d’une réponse pénale à la hauteur de la menace. La rédaction du Beffroi considère que la lutte contre le narcotrafic ne peut se réduire à des procès, aussi retentissants soient-ils : elle exige une politique pénale constante, des moyens d’enquête financière renforcés, et une coopération judiciaire européenne approfondie pour tarir les flux financiers qui irriguent ces organisations.
L’État régalien, dans sa mission la plus fondamentale, se juge à sa capacité à démanteler ces structures criminelles avant qu’elles ne gangrènent durablement des pans entiers du territoire. Ce procès, par son ampleur et sa médiatisation, offre l’occasion d’une prise de conscience collective — à condition que les leçons judiciaires qui en seront tirées se traduisent par des moyens pérennes pour les services d’enquête et les juridictions spécialisées.
Sources : Valeurs actuelles