*Depuis Créteil jusqu’à Saint-Denis, les blocus se multiplient dans les lycées français. Derrière la contestation sociale, une organisation politique se dessine, soutenue par des syndicats proches de La France Insoumise.*
Le climat se tend dans l’ensemble du territoire français depuis plusieurs semaines. Mardi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez recensait 416 établissements scolaires touchés par des mouvements de blocage, principalement concentrés en Île-de-France mais gagnant progressivement l’ensemble du pays.
Le slogan « à bas la sélection sociale et raciste ! » résume l’esprit de ces mobilisations, qui prétendent dénoncer les inégalités du système éducatif français. Mais derrière cette façade de révolte spontanée, l’organisation syndicale apparaît clairement structurée, avec des relais identifiés proches de La France Insoumise qui coordonnent les actions d’un établissement à l’autre.
Cette instrumentalisation n’est pas nouvelle dans l’histoire sociale française, mais elle prend une ampleur particulière à l’approche d’échéances électorales majeures. Les figures qui émergent de ces mobilisations, à l’image du jeune Bally Bagayoko porté par la foule comme une célébrité, interrogent sur la nature véritablement spontanée de ces mouvements.
Face à cette situation, les réactions des collectivités locales divergent nettement. En région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, conseiller spécial et député LR de Haute-Loire, a affiché une fermeté qui tranche avec la posture plus conciliante observée ailleurs : « Nous en avons assez d’avoir des casseurs qui cassent tout et ne sont jamais poursuivis », a-t-il déclaré, annonçant que la Région engagerait des poursuites contre les auteurs de dégradations.
Cette fermeté régionale pose une question de fond : l’État central dispose-t-il encore de la volonté politique nécessaire pour faire respecter l’ordre dans les établissements scolaires, sanctuaires républicains s’il en est ? La République ne peut se permettre de laisser le désordre s’installer durablement dans ses écoles, sous peine de voir l’autorité de l’État durablement érodée aux yeux de la jeunesse.
Le gouvernement devra, dans les prochains jours, clarifier sa doctrine : fermeté assumée ou négociation permanente avec des mouvements dont l’autonomie réelle par rapport aux appareils politiques reste à démontrer.
Sources : Valeurs actuelles, Ministère de l’Intérieur