*La ministre des Armées Catherine Vautrin s’est rendue la semaine dernière à La Réunion à l’occasion de l’escale de la mission PÉGASE 26, confirmant la volonté de la France de renforcer sa présence stratégique dans l’océan Indien et le canal du Mozambique.*
Dans un contexte de recomposition des équilibres de puissance en Afrique australe et dans l’océan Indien occidental, la visite de Catherine Vautrin à La Réunion, à l’occasion de l’escale de la mission PÉGASE 26, revêt une portée qui dépasse la simple visite protocolaire. Selon Le Journal de Mayotte, la ministre des Armées et des Anciens combattants a profité de ce déplacement pour réaffirmer l’engagement de la France à consolider ses liens militaires et diplomatiques dans cette zone stratégique, où Paris dispose, avec La Réunion et Mayotte, de deux points d’ancrage territoriaux uniques en Europe.
Le canal du Mozambique, voie maritime empruntée par une part significative du trafic énergétique mondial et théâtre d’une compétition croissante entre puissances — la Chine y multiplie les investissements portuaires, la Russie y cultive des partenariats militaires avec plusieurs États riverains —, constitue un enjeu de souveraineté que la France ne peut se permettre de négliger. La présence française dans cette région, héritée de l’histoire coloniale mais aujourd’hui pleinement légitimée par le statut de départements français de La Réunion et de Mayotte, offre à Paris une capacité de projection et de renseignement précieuse dans l’océan Indien.
La mission PÉGASE, dont l’édition 2026 a fait escale à La Réunion, s’inscrit dans cette logique de démonstration de force et de coopération régionale, impliquant des moyens aériens et navals destinés à rassurer les partenaires de la zone — Madagascar, les Comores, le Mozambique, l’Afrique du Sud — tout en affirmant la capacité de la France à opérer de manière autonome loin de la métropole.
Cette stratégie s’inscrit dans la droite ligne d’une doctrine de souveraineté que la France a historiquement développée dans ses outre-mer : faire de ces territoires non des charges périphériques, mais des points d’appui géostratégiques de premier plan. À l’heure où les grandes puissances redessinent les routes maritimes et les zones d’influence, Le Beffroi ne peut que saluer cette réaffirmation d’une présence française dans l’océan Indien — à condition qu’elle s’accompagne d’un effort budgétaire à la hauteur des ambitions affichées, et d’une attention renouvelée aux besoins concrets des populations de Mayotte et de La Réunion, trop souvent considérées comme de simples avant-postes militaires plutôt que comme des territoires de plein droit.
Sources : Le Journal de Mayotte