*Selon la Tax Foundation, la France termine dernière sur 38 pays évalués dans l’édition 2026 de l’International Tax Competitiveness Index. Un signal d’alarme pour notre attractivité économique.*
Le constat est sans appel. Dans l’édition 2026 de son International Tax Competitiveness Index, la Tax Foundation classe la France au 38e et dernier rang sur 38 pays évalués, avec un score global de 45,7 sur 100 — le pays en tête du classement, l’Estonie, obtenant la référence de 100. Cette étude, relayée par Contrepoints, vient confirmer année après année un diagnostic connu mais jamais véritablement corrigé : la fiscalité française pèse structurellement sur la compétitivité des entreprises et des ménages.
L’indice de la Tax Foundation évalue les systèmes fiscaux nationaux selon plusieurs critères : niveau de taxation sur les sociétés, sur le revenu des personnes physiques, sur la consommation, sur la propriété, ainsi que la complexité administrative des règles fiscales. Sur chacun de ces volets, la France affiche des performances dégradées par rapport à ses partenaires européens et internationaux, cumulant taux élevés et empilement de dispositifs dérogatoires qui complexifient la lisibilité du système pour les investisseurs.
Ce classement intervient alors que le climat des affaires dans l’industrie française, selon les dernières enquêtes de conjoncture, continue de se dégrader, les chefs d’entreprise pointant la fiscalité de production, l’instabilité normative et le coût du travail comme freins majeurs à l’investissement. La France, qui fut longtemps une grande nation industrielle au sens colbertiste du terme, continue de voir ses parts de marché s’éroder face à des pays ayant fait le choix inverse : simplification, stabilité fiscale, allègement des charges pesant sur la production.
Le Beffroi y voit la confirmation d’une urgence nationale : celle de la réindustrialisation ne pourra se faire sans une remise à plat courageuse de notre architecture fiscale. Il ne s’agit pas de céder au dogme du moins-disant fiscal généralisé, mais de retrouver une fiscalité de production compatible avec l’ambition d’une France qui produit, qui innove et qui exporte. Les Pays-Bas, qui viennent d’annoncer une réduction de 15 % de leurs effectifs de fonction publique d’État pour réaliser 3,49 milliards d’euros d’économies d’ici 2035, montrent qu’une autre voie, celle de la rigueur budgétaire assumée, demeure possible sans renoncer au modèle social européen.
Cette dernière place, loin d’être une fatalité statistique, doit agir comme un aiguillon pour les pouvoirs publics français. L’État, avant d’augmenter la pression fiscale, devrait d’abord interroger son propre train de vie — un chantier de simplification administrative qui, selon Contrepoints, patine précisément parce que l’administration elle-même peine à se réformer.
Sources : Contrepoints, Tax Foundation — International Tax Competitiveness Index 2026