*Après les violences survenues le 6 octobre dernier à Kawéni, plusieurs chantiers du secteur ont dû interrompre leur activité pour des raisons de sécurité. Une crise qui a aussi provoqué une passe d’armes très vive entre la députée Estelle Youssouffa et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.*
La Ville de Mamoudzou l’a confirmé dans un communiqué : les « violences urbaines » qui ont éclaté mardi 6 octobre à Kawéni, l’un des quartiers les plus densément peuplés de Mayotte, ont contraint plusieurs entreprises à suspendre temporairement leurs chantiers sur place. Une décision dictée par la sécurité des équipes, dans un contexte où l’insécurité chronique du territoire rend chaque intervention de terrain plus incertaine.
Cet épisode n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de tensions récurrentes qui minent depuis des années l’économie et le quotidien du 101e département français. Pour les entreprises du BTP, déjà confrontées à des difficultés d’approvisionnement et à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, ces interruptions représentent un coût supplémentaire et un signal d’alarme sur la capacité du territoire à mener à bien ses chantiers prioritaires, notamment ceux liés à la reconstruction post-Chido.
C’est dans ce climat que s’est tenue, mercredi après-midi, une passe d’armes very suivie entre la députée LIOT de Mayotte Estelle Youssouffa et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Selon Mayotte Hebdo, l’élue mahoraise a vivement interpellé le « premier flic de France » sur l’incapacité de l’État à endiguer la spirale de violence qui frappe régulièrement l’île, dénonçant un traitement à deux vitesses entre l’Hexagone et les territoires ultramarins. L’échange, tendu, illustre l’exaspération d’une partie de la classe politique locale, qui réclame depuis longtemps un renforcement substantiel des effectifs de sécurité et une lutte plus déterminée contre l’immigration clandestine, régulièrement pointée du doigt comme facteur aggravant des tensions sociales sur l’archipel.
Au-delà de la polémique parlementaire, c’est bien la question de fond qui demeure : comment un département français peut-il connaître, de façon répétée, des poussées de violence urbaine suffisamment graves pour arrêter des chantiers publics ? La réponse ne saurait se limiter à des effets d’annonce. Elle suppose un engagement durable de l’État régalien, loin des arbitrages budgétaires de court terme qui, trop souvent, relèguent Mayotte au second plan des priorités nationales.
Sources : Mayotte Hebdo, Ville de Mamoudzou (communiqué)