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Souveraineté & Institutions

L’État quête auprès de Google : quand Bercy renonce à sa propre autorité fiscale

18 septembre 2026 • Souveraineté & Institutions • Le Beffroi

*Dans une lettre datée du 15 septembre, Sébastien Lecornu a sollicité Google pour financer certaines politiques publiques françaises. Une démarche qui, loin d’être anecdotique, révèle un abandon symbolique de souveraineté fiscale.*

*Dans une lettre datée du 15 septembre, Sébastien Lecornu a sollicité Google pour financer certaines politiques publiques françaises. Une démarche qui, loin d’être anecdotique, révèle un abandon symbolique de souveraineté fiscale.*

L’information a été révélée le 15 septembre : dans un courrier adressé à Google, le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé une forme de contribution volontaire du géant américain pour financer certaines dépenses publiques françaises. Une initiative présentée comme pragmatique par l’exécutif, mais qui pose une question de fond : est-il acceptable que l’État français, dépositaire de la puissance fiscale régalienne depuis Colbert, en vienne à solliciter la bonne volonté d’une multinationale étrangère pour boucler ses comptes ?

Cette démarche intervient alors que l’appareil d’État peine à rationaliser ses propres dépenses. Selon des données mises en lumière récemment, il existe encore plus de 540 primes et indemnités différentes dans la fonction publique d’État – un nombre certes en baisse par rapport aux 650 recensées en 2018, mais qui témoigne d’une complexité administrative que ni les gouvernements successifs ni les réformes annoncées n’ont su véritablement résorber. L’État peut se targuer d’une simplification en cours ; le rythme de cette simplification reste, lui, dérisoire au regard de l’ampleur du problème.

Dans le même temps, d’autres révélations sur le train de vie de certaines figures de la finance française – notamment un banquier d’affaires dont la location saisonnière d’une propriété caribéenne équivaudrait à plusieurs années de salaire minimum net – alimentent un climat de défiance vis-à-vis des élites économiques, alors même que l’on demande aux classes moyennes des efforts supplémentaires.

Pour Le Beffroi, cette juxtaposition est révélatrice d’un problème plus large : l’État français cherche des expédients – contributions volontaires d’entreprises étrangères, rabotages ponctuels – plutôt que d’engager la réforme structurelle de son train de vie. La souveraineté fiscale ne se négocie pas avec les multinationales du numérique ; elle se restaure par une remise en ordre rigoureuse des comptes publics, condition sine qua non pour que la France retrouve une autorité pleine et entière sur ses choix économiques.

Sources : Contrepoints – « M. Lecornu, ce n’est pas à Google de financer les gaspillages de l’État ! », Contrepoints – « Il existe plus de 540 primes et indemnités différentes dans la fonction publique d’État », Contrepoints – « Matthieu Pigasse : dix-neuf nuits de location à Moustique ou dix-neuf ans de SMIC net », Le Canard enchaîné du 15 septembre

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