*Le tout premier sommet Choose Outre-Mer, voulu par la ministre Naïma Moutchou, a permis à Mayotte de sécuriser plusieurs projets d’investissement, signe encourageant pour une économie locale encore convalescente après le cyclone Chido.*
Plus de 150 entreprises françaises et internationales se sont réunies à l’occasion du premier sommet Choose Outre-Mer, initiative portée par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou pour valoriser le potentiel économique des territoires ultramarins auprès des investisseurs. Mayotte en sort gagnante, avec 12 millions d’euros d’investissements captés sur plusieurs projets, un résultat notable pour un territoire qui peine encore à attirer des capitaux privés à la hauteur de ses besoins structurels.
Ce résultat doit être salué, tout en étant mis en perspective. Douze millions d’euros représentent une somme modeste au regard des besoins de reconstruction et de développement de Mayotte, confrontée depuis le passage du cyclone Chido à des urgences multiples : logement, réseaux électriques, infrastructures scolaires et sanitaires. Il ne s’agit donc que d’une première étape, qui doit impérativement être suivie d’un effort soutenu dans la durée, faute de quoi l’effet d’annonce ne produira pas les retombées économiques escomptées pour la population locale.
Parallèlement, la maire de Chirongui, Roukia Lahadji, a profité de la visite de la ministre pour exposer les dossiers urgents de sa commune : sécurité, éducation, chantiers en retard et projets structurants. Cette rencontre illustre la méthode que les élus mahorais attendent de l’État : une présence ministérielle qui ne se limite pas aux grandes conférences parisiennes, mais qui descend sur le terrain pour constater, commune par commune, l’ampleur des retards accumulés.
À quelques encablures de Mayotte, aux Comores, un autre chantier d’ampleur se poursuit : la construction du village des athlètes pour les Jeux des îles, mobilisant mille ouvriers pour un coût estimé à 21 millions d’euros, avec une livraison attendue à la mi-novembre pour les 200 villas prévues. Ce contraste entre le dynamisme du chantier comorien et la lenteur relative de la reconstruction mahoraise doit alerter : la France ne peut se permettre de laisser le 101e département accuser un retard de développement par rapport à ses voisins immédiats, sauf à fragiliser sa position stratégique dans le canal du Mozambique.
Sources : Le Journal de Mayotte