*Une semaine après leur première mobilisation place de la République, les lycéens de Younoussa-Bamana et de Kaweni maintiennent la pression sur le rectorat. Dans le même temps, le gouvernement affirme vouloir préserver les 3,7 milliards d’euros de crédits consacrés aux Outre-mer dans le PLF 2027.*
La mobilisation lycéenne ne faiblit pas sur l’archipel mahorais. Une semaine jour pour jour après leur première manifestation place de la République, les élèves du lycée Younoussa-Bamana poursuivent leur mouvement, réclamant des réponses concrètes du rectorat face à des revendications qui, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, traduisent « une colère qui s’accumule depuis des années ». Les conditions matérielles d’enseignement, la vétusté de certains établissements et le manque chronique de moyens alloués à l’éducation nationale à Mayotte figurent parmi les griefs les plus régulièrement exprimés par la jeunesse mahoraise.
À Kaweni, la situation illustre les tensions qui traversent ce mouvement social. Si les élèves du lycée des Lumières ont pu exprimer leurs revendications de manière organisée à l’intérieur de l’établissement, d’autres scènes, rapportées dans la même journée de mardi, témoignent d’une mobilisation à deux visages, oscillant entre expression légitime du mécontentement et débordements que les autorités locales devront traiter avec fermeté et discernement.
Cette agitation sociale survient alors que le gouvernement affirme vouloir préserver les moyens consacrés au 101e département français. Le Projet de loi de finances 2027, présenté en Conseil des ministres en fin de semaine dernière, prévoit une enveloppe globale de 3,7 milliards d’euros pour l’ensemble des Outre-mer. Reste à savoir quelle part précise de cette enveloppe sera effectivement fléchée vers Mayotte, territoire qui continue de panser les plaies laissées par le cyclone Chido et qui affiche des besoins criants en matière d’infrastructures scolaires, sanitaires et de sécurité.
Le Beffroi rappelle que Mayotte n’est pas une variable d’ajustement budgétaire parmi d’autres : c’est un département français à part entière, dont les habitants sont des citoyens de plein droit et méritent, à ce titre, un traitement équitable par rapport à l’Hexagone. La crise lycéenne actuelle doit être prise au sérieux par le rectorat et par les autorités nationales, sous peine de voir se répéter, dans les mois qui viennent, les épisodes de tensions sociales qui ont déjà secoué l’île à plusieurs reprises depuis le passage du cyclone. La jeunesse mahoraise mérite mieux que des promesses budgétaires différées : elle attend des actes concrets, rapides, et mesurables.
Sources : Mayotte Hebdo, Le Journal De Mayotte