*Dans la nuit du 26 au 27 octobre, le territoire mahorais a connu une double alerte : un séisme de magnitude 5,1 au large de l’île, et l’incendie volontaire d’un transformateur électrique à Mtsamoudou, conséquence de violences entre bandes rivales.*
La nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre restera marquée, à Mayotte, par deux événements distincts mais révélateurs des défis auxquels le département est confronté. D’une part, un séisme de magnitude 5,1 a été enregistré au large de l’île par le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA), rappelant l’activité sismo-volcanique qui affecte le territoire depuis l’apparition, en 2018, d’un volcan sous-marin au large de Petite-Terre. Si aucun dégât matériel majeur n’a été rapporté à ce stade, cet épisode souligne la nécessité de maintenir une vigilance constante sur un territoire dont la géologie demeure, plusieurs années après la crise sismique de 2018, encore imparfaitement stabilisée.
D’autre part, et de manière plus préoccupante sur le plan de l’ordre public, des violences entre bandes rivales ont éclaté la même nuit à Mtsamoudou, dans la commune de Bandrélé. Un transformateur d’Électricité de Mayotte (EDM) a été volontairement incendié au cours de ces affrontements, privant plusieurs foyers d’alimentation électrique. Cet acte de vandalisme ciblant une infrastructure essentielle illustre une fois de plus la fragilité des équipements publics mahorais face à une délinquance de bandes qui continue de gangrener certains quartiers du territoire.
Ce nouvel épisode de violence intervient alors que le Centre hospitalier de Mayotte (CHM) a lancé, à l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC le 29 octobre, une campagne de sensibilisation pour apprendre aux habitants à reconnaître les signes d’un accident vasculaire cérébral, jusqu’au 27 novembre. Une initiative salutaire dans un territoire où l’accès aux soins d’urgence demeure structurellement plus difficile qu’en métropole, en raison de l’éloignement géographique et de la saturation chronique des services hospitaliers.
Pour Le Beffroi, ces deux faits, pris ensemble, dessinent le visage d’un département ultramarin confronté à des défis d’une ampleur inédite : risques naturels non maîtrisés, délinquance de bandes qui s’attaque jusqu’aux infrastructures vitales, et système de santé sous tension permanente. L’État doit continuer d’investir massivement dans les infrastructures électriques et de sécurité publique de Mayotte, 101e département français, dont la vulnérabilité ne saurait être traitée comme une fatalité géographique mais comme une priorité d’aménagement du territoire national à part entière. La sécurisation des réseaux électriques, en particulier, devrait faire l’objet d’un plan de protection renforcé, tant ces installations sont devenues des cibles récurrentes des violences urbaines sur l’île.
Sources : Mayotte Hebdo, Le Journal de Mayotte, REVOSIMA