Inaugurée le 14 octobre par le préfet Frédéric Poisot, la vedette Kashkazi remplace une embarcation vieillissante et doit permettre de renforcer les contrôles en mer, dans un territoire où la pression migratoire et la pêche illégale demeurent des défis constants.
Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a inauguré ce mercredi 14 octobre le Kashkazi, une nouvelle vedette destinée à renforcer les contrôles en mer dans les eaux mahoraises. Cette embarcation vient remplacer un navire vieillissant dont les capacités opérationnelles ne répondaient plus aux exigences d’un territoire confronté à des enjeux maritimes multiples : lutte contre l’immigration clandestine par kwassa-kwassa, surveillance de la pêche illégale, et sécurisation du lagon mahorais.
Ce renouvellement de moyens s’accompagne d’une volonté affichée des services de l’État de relancer une filière de pêche mahoraise aujourd’hui fragilisée. Mayotte dispose d’un potentiel halieutique considérable, mais la pêche locale souffre d’un manque chronique d’infrastructures, de formation et de débouchés commerciaux structurés. Le renforcement de la surveillance maritime, s’il est indispensable sur le plan sécuritaire, ne saurait suffire à lui seul à redresser cette filière : il doit s’accompagner d’investissements structurants dans les capacités de transformation et de commercialisation des produits de la mer.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large où Mayotte demeure, selon plusieurs observateurs environnementaux, encore en marge des grandes dynamiques mondiales de préservation du milieu marin, alors même que l’Afrique de l’Est tout entière connaît une accélération de son développement économique et halieutique. Le 101e département français ne peut se permettre de rester à l’écart de ces mutations régionales, sous peine de voir sa souveraineté économique sur ses propres eaux territoriales s’affaiblir davantage.
Le Beffouroi salue cet investissement de l’État dans les moyens nautiques mahorais, qui traduit une prise de conscience bienvenue de l’importance stratégique de ce territoire pour la présence française dans l’océan Indien. Il conviendra toutefois de vérifier, dans les mois qui viennent, que ce renforcement capacitaire s’accompagne d’une véritable stratégie de développement de la pêche locale, condition indispensable pour que Mayotte cesse de dépendre exclusivement des importations alimentaires.
Sources : Le Journal de Mayotte – inauguration du Kashkazi, Mayotte Hebdo – préservation environnement marin