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Marchés publics Mayotte

M’Tsamboro : dix bangas à l’abandon, une entreprise locale dans l’impasse

29 octobre 2026 • Marchés publics Mayotte • Le Beffroi

*Financé à 80 % par l’État et à 20 % par la commune, le chantier de dix bangas sur l’îlot de M’Tsamboro est à l’arrêt depuis mai 2026. La Coopérative du Nord BTP réclame près de 70 000 euros qu’elle affirme ne jamais avoir perçus.*

*Financé à 80 % par l’État et à 20 % par la commune, le chantier de dix bangas sur l’îlot de M’Tsamboro est à l’arrêt depuis mai 2026. La Coopérative du Nord BTP réclame près de 70 000 euros qu’elle affirme ne jamais avoir perçus.*

Le chantier de construction de dix bangas sur l’îlot de M’Tsamboro, dans le nord de Mayotte, est paralysé depuis le mois de mai 2026, plongeant l’entreprise locale chargée des travaux dans une situation financière délicate. Selon les informations rapportées par Le Journal de Mayotte, la Coopérative du Nord BTP réclame près de 70 000 euros qu’elle affirme ne jamais avoir perçus pour les travaux déjà réalisés sur ce marché, financé à hauteur de 80 % par l’État et de 20 % par la commune.

Ce dossier illustre une problématique récurrente de la commande publique à Mayotte : la difficulté des petites entreprises locales du bâtiment à obtenir le règlement des sommes qui leur sont dues dans des délais raisonnables, alors même qu’elles ont engagé des moyens matériels et humains pour honorer leurs marchés. Pour une structure de la taille de la Coopérative du Nord BTP, une créance impayée de cette ampleur peut rapidement mettre en péril l’équilibre financier de l’entreprise, avec des conséquences directes sur l’emploi local.

Au-delà du cas particulier de M’Tsamboro, cette affaire pose la question plus large de la gouvernance des marchés publics cofinancés par l’État et les communes à Mayotte. Le Beffroi rappelle son attachement constant à la transparence et à la bonne exécution de la commande publique : un marché public engage une obligation réciproque, celle de la qualité d’exécution pour l’entreprise, celle du paiement dans des délais contractuels pour le maître d’ouvrage. Lorsque cet équilibre se rompt, c’est tout le tissu économique local, déjà fragile, qui en paie le prix.

La situation mahoraise appelle une vigilance particulière de la part des services de l’État et des collectivités locales, qui doivent veiller à l’application stricte des délais de paiement légaux prévus par le code de la commande publique, sous peine de voir se multiplier les contentieux et les abandons de chantier. Dans un territoire où le secteur du bâtiment et des travaux publics constitue un vecteur essentiel de développement économique et de création d’emplois, la fiabilité de la commande publique est une condition de la confiance que les entreprises locales doivent pouvoir accorder à leurs partenaires institutionnels.

Le Groupement patronal de Mayotte (GPM), actuellement en mission économique à La Réunion pour développer des partenariats interrégionaux, pourrait utilement se saisir de ce type de dossiers pour alerter les pouvoirs publics sur les dysfonctionnements structurels affectant l’exécution des marchés publics sur le territoire mahorais.

Sources : Le Journal de Mayotte, Mayotte Hebdo

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