*Après une journée de blocage du port de Mamoudzou le 2 novembre, les discussions ont repris au Département-Région de Mayotte. Les prestataires nautiques réclament des mesures d’urgence pour une filière toujours fragilisée par le passage du cyclone Chido.*
La colère était palpable sur les quais du port de Mamoudzou le 2 novembre dernier, lorsque les prestataires nautiques ont décidé d’immobiliser les bateaux pour faire entendre leurs revendications. Mardi matin, au lendemain de ce mouvement, les discussions ont repris avec le Département-Région de Mayotte, qui a tenté d’apporter des éléments de réponse à une profession encore convalescente.
La formule employée par les représentants du Département résume la situation : « On se relève encore de Chido. » Près de deux ans après le passage dévastateur du cyclone qui a ravagé une large partie des infrastructures de l’archipel, la filière nautique mahoraise peine toujours à retrouver un fonctionnement normal, entre matériel endommagé, trésoreries exsangues et flux touristiques perturbés.
Cette situation illustre la fragilité structurelle de l’économie mahoraise, où un seul événement climatique majeur peut durablement compromettre des pans entiers d’activité, faute d’un tissu économique suffisamment diversifié et résilient. Les prestataires nautiques, souvent de petites structures familiales, ne disposent pas des réserves financières nécessaires pour absorber un choc de cette ampleur sans soutien public conséquent.
Le blocage du port, aussi contraignant soit-il pour les usagers et les échanges économiques de l’archipel, traduit avant tout un sentiment d’abandon de professionnels qui estiment que la reconstruction post-Chido n’a pas suffisamment pris en compte leurs spécificités. Le Beffroi appelle les pouvoirs publics, qu’il s’agisse du Département ou de l’État, à traiter ce dossier avec la célérité qu’il mérite : Mayotte ne pourra prétendre à un développement économique digne de son statut de département français qu’à la condition que ses filières productives, aussi modestes soient-elles en apparence, bénéficient d’un accompagnement structurel à la hauteur des épreuves climatiques qu’elles ont traversées. La reconstruction de Mayotte ne doit pas être un vain mot inscrit dans les discours officiels, mais une réalité tangible pour chaque acteur économique du territoire.
Sources : Le Journal de Mayotte