Il y a quelque chose d'enviable, pour qui observe la vie politique française, dans le spectacle qu'offre en ce moment la démocratie américaine. Mardi 3 novembre, les électeurs ont tranché : le Parti démocrate reprend le contrôle intégral du Congrès, sanctionnant sans ambages la politique de Donald Trump. Le président a accusé le coup, désigné ses boucs émissaires — Fox News en tête — mais le verdict des urnes, lui, n'est pas négociable. C'est là toute la vertu du système américain : des élections qui produisent des conséquences, un pouvoir qui change de mains quand le peuple le décide. Le sénateur Ted Cruz évoque même une possible procédure de destitution. Que l'on juge cette perspective excessive ou légitime, elle témoigne d'une mécanique institutionnelle qui fonctionne.
En France, c'est peu dire que le contraste est cruel. Valeurs actuelles résumait récemment la situation d'une formule limpide : « Ces non-élus qui nous gouvernent. » Élection après élection, les Français changent de majorité sans jamais obtenir de changement de politique. L'Institut Thomas More, dans ses dix propositions pour « réparer la démocratie », pointe cette anomalie et appelle à définir un véritable périmètre de souveraineté nationale, ainsi qu'un contrôle parlementaire renforcé sur la politique européenne du gouvernement. Une proposition de loi constitutionnelle relative à la souveraineté de la France, déposée dès mai dernier, dort depuis des mois en commission des lois. Le Général de Gaulle avait voulu des institutions fortes pour un État capable de décider ; nous avons hérité d'un théâtre d'ombres où les ministres changent, où les majorités se recomposent, mais où rien, jamais, ne se résout.
Ce climat de blocage explique sans doute pourquoi un homme comme David Lisnard en est réduit à promettre, à dix-huit mois de l'élection présidentielle, un « gouvernement commando » et 200 milliards d'économies en rupture avec les pratiques habituelles. C'est un aveu : seule une méthode de choc paraît désormais capable de bousculer une mécanique administrative sclérosée. Qu'on partage ou non son projet libéral, le diagnostic institutionnel, lui, est largement partagé à droite comme chez les souverainistes de tous bords.
La leçon américaine n'est pas à importer telle quelle — notre tradition n'est pas celle du bipartisme ni du présidentialisme intégral. Mais elle rappelle une vérité simple : une démocratie qui ne sanctionne ni ne récompense n'en est plus tout à fait une. Avant de songer à qui gouvernera la France en 2027, il faudra d'abord décider si la France veut encore être gouvernée.— La rédaction du Beffroi
— Fox News en tête — mais le verdict des urnes, lui, n'est pas négociable. C'est là toute la vertu du système américain : des élections qui produisent des conséquences, un pouvoir qui change de mains quand le peuple le décide. Le sénateur Ted Cruz évoque même une possible procédure de destitution. Que l'on juge cette perspective excessive ou légitime, elle témoigne d'une mécanique institutionnelle qui fonctionne.