*« Ces non-élus qui nous gouvernent » : le constat, dressé par Valeurs actuelles, résume le malaise démocratique français. L’Institut Thomas More propose dix pistes pour redonner du pouvoir aux urnes, tandis qu’une proposition de loi constitutionnelle sur la souveraineté nationale patiente depuis mai en commission des lois.*
Le constat n’est plus contesté, y compris par des observateurs peu suspects de complaisance souverainiste : élection après élection, les Français changent de majorité sans parvenir à changer de politique. C’est le titre choisi par Valeurs actuelles pour résumer ce paradoxe français : « Ces non-élus qui nous gouvernent. » L’éditorial de Charles Sapin, dans les colonnes de l’hebdomadaire, rappelle que quel que soit le vainqueur de la présidentielle de mai prochain, le redressement du pays passera nécessairement par une réforme des institutions.
C’est dans cette perspective que l’Institut Thomas More a publié dix propositions pour « réparer la démocratie ». Parmi elles figurent l’établissement d’un périmètre de souveraineté nationale clairement défini — et les moyens juridiques et politiques de le défendre — ainsi qu’un renforcement sensible du contrôle parlementaire sur la politique européenne menée par le gouvernement. Deux propositions qui, loin d’être anecdotiques, visent le cœur du problème : la dilution progressive de la décision politique française dans un enchevêtrement de normes européennes et de contraintes technocratiques que plus aucun électeur ne maîtrise.
Sur le plan législatif, une proposition de loi constitutionnelle relative à la souveraineté de la France a été déposée à l’Assemblée nationale le 7 mai 2026, enregistrée sous le numéro 2766, avant d’être renvoyée — comme tant d’autres textes avant elle — à la commission des lois, où elle demeure depuis plusieurs mois. Ce parcours, aussi classique que frustrant, illustre la difficulté structurelle qu’éprouve notre Ve République à transformer un diagnostic largement partagé en réforme effective.
L’enjeu dépasse les clivages partisans. Depuis le Général de Gaulle, la tradition française veut qu’un État fort s’appuie sur des institutions capables de trancher et de décider, non sur un théâtre parlementaire où les textes s’empilent sans jamais aboutir. À dix-huit mois de l’élection présidentielle, la question posée par ces propositions est simple : la France veut-elle encore se donner les moyens de se gouverner elle-même, ou se résigne-t-elle à n’être plus qu’une administration régionale d’ensembles qui la dépassent ? Le Beffroi, fidèle à sa ligne, ne peut qu’appeler les candidats de 2027 à se saisir sérieusement de ce chantier, plutôt que d’en faire un argument de tribune sans lendemain.
Sources : Institut Thomas More, Valeurs actuelles, Assemblée nationale (proposition de loi n°2766)